Nouveaux espaces de travail : les 7 principes directeurs de La Fabrique Spinoza

« Il est urgent de se saisir du sujet des nouveaux espaces de travail, d’abord pour le bien-être des salariés, mais aussi pour tirer parti du formidable potentiel de performance pour les entreprises » explique Alexandre Jost, Fondateur de La Fabrique Spinoza. Association non-lucrative visant à favoriser le bonheur citoyen, La Fabrique Spinoza est l’un des 12 principaux think-tanks français. Dans sa dernière étude parue en décembre 2019, « Nouveaux espaces de travail et expérience collaborateur », elle nous livre 7 principes directeurs pour optimiser son espace de travail. BRÂAM, le distributeur de bonheurs bruts au travail, les a résumés pour vous !

Espaces traditionnels de l’entreprise : c’est quoi le problème ?

La Fabrique Spinoza identifie deux types d’espaces de travail : les espaces de travail de l’entreprise (bureaux privatifs et open space), et les espaces de travails dits alternatifs (coworking, tiers lieux, fablab, coliving). Nous nous intéresserons seulement aux premiers : ces espaces traditionnels de l’entreprise en pleine mutation.

Recul des bureaux privatifs, dénonciation de l’open space, diminution des espaces de rangement, prise en compte des objectifs de développement durable, évolutions technologiques, ergonomiques…. Il devient nécessaire de transformer son espace de travail pour attirer les nouveaux talents, épanouir vos collaborateurs et augmenter les performances de l’entreprise. L’espace a un impact sur l’engagement au travail. C’est prouvé, 94% des collaborateurs affirment que les espaces de travail ont un impact sur leur performance et 9 salariés sur 10 se sentiraient plus productifs et créatifs lorsque leurs bureaux sont bien aménagés. Et ce phénomène va augmentant, puisque 93% des millenials ne veulent plus d’un bureau classique, et rêvent que leur bureau ressemble à une start-up californienne (41%), à un atelier d’artiste (23%), à une maison (16%)… Alors, prêt à bouleverser votre espace de travail ? On vous dit comment faire !

1. Un espace de travail pour le corps et l’esprit »

Votre espace de travail est-il propice à une bonne santé environnementale ? Sous le terme de santé environnementale, le label OsmoZ de Certivéa répertorie les soins accordés à la qualité de l’air, la qualité de l’eau, l’ambiance acoustique, l’ambiance thermique, l’ambiance visuelle et les ondes électromagnétiques. Ces éléments sont essentiels à notre bien-être. Selon le baromètre Actineo de 2015 qui a évalué 1204 personnes sur plusieurs gênes rencontrées au travail, la moitié des collaborateurs se plaignent de l’ambiance thermique. Or, la température a un impact direct sur la productivité et c’est à environ 22° C que l’on constate une productivité maximale. Voilà un premier paramètre que vous pouvez facilement améliorer !

Un espace de travail soucieux de booster l’expérience collaborateur, veille aussi à favoriser leur activité physique. Le fait de bouger, d’être en mouvement, est fondamental pour le corps et l’esprit afin de lutter contre les effets pervers de la sédentarité. Il faut envisager l’activité physique de manière régulière et adaptée. Il a été démontré que pour rester en bonne santé physique on doit marcher au moins 10 000 pas par jour. Vous pouvez donc favoriser le déplacement à pied ou à vélo pour se rendre au travail ! Proposez aussi à vos collaborateurs l’usage du Postural ball ou siège Swopper, l’idée est de ne jamais se figer, mais au contraire rester mobile ! Et pourquoi pas pratiquer une activité physique collective en fin de journée ? C’est un bon moyen de créer du lien avec ses collaborateurs, en apprenant à les connaître d’une manière plus détendue. 

2. Un cadre de travail beau et vertueux

C’est connu, le beau rend heureux. Il stimule le bien-être. La Fabrique Spinoza accorde donc une importance toute particulière à la présence de l’art et de la nature sur le lieu de travail. Dans son étude, elle révèle que « le design biophilique de l’espace de travail produit un impact direct sur le collaborateur tant dans son niveau de bien-être et sa santé globale que ses ressources cognitives et ses performances ». Il aurait un impact direct sur une « récupération attentionnelle » et diminuerait l’absentéisme. A la question « Pensez à un moment stressant que vous avez vécu récemment. Si vous aviez pu aller trouver refuge quelque part dans le monde pour réduire votre anxiété, où seriez-vous allé ? », 95% des personnes interrogées pensent à un environnement extérieur. La nature apaise, ressource, détend.

Outre la plante verte dans le bureau, la présence de la nature peut s’envisager plus largement : fruits, jus de fruits, café en grain, aquaponie, animal domestique, potager d’entreprise… Vous pouvez aussi éveiller les 5 sens de vos collaborateurs. L’approche multi sensorielle d’un espace de travail vise à offrir une expérience sensorielle au collaborateur afin d’agir sur son bien-être et ses performances. Par exemple, l’espace de restauration est un lieu clé de l’espace de travail et requiert un soin privilégié. C’est selon cette étude, l’endroit où l’on se nourrit, et l’on peut également nourrir ses relations. Il doit être chaleureux et convivial.

3. Un lieu de travail qui favorise les liens humains

L’étude Grant, du nom de son fondateur, communément appelée la ”Harvard study” souligne l’importance des qualités des liens humains au travail. Les personnes se révélant les plus épanouies sont celles ayant nourri des relations de qualité qu’elles soient intimes, amicales, professionnelles ou au sein de communautés. Un simple bonjour, un sourire, l’accueil d’un nouvel arrivé, un repas entre collègues… cela paraît anodin, mais ça entretient et nourrit le lien social, facteur clé du bien-être au travail. Chez Disney, on a même créé une journée des sourires ! La Fabrique Spinoza, revient ici sur la question de la convivialité de la cafétéria, comme un espace chaleureux et propice aux rencontres. C’est aussi un lieu de générosité, comme à La ruche qui dit Oui ! où deux volontaires font les courses deux fois par semaine et chaque jour, les salariés qui le désirent cuisinent pour l’équipe avec les ingrédients à disposition.

4. Un espace de travail intrinsèquement digital

Selon une étude réalisée par Deloitte, 64 % des salariés sont d’accord pour choisir un emploi moins bien payé si on leur offre la possibilité de travailler en dehors du bureau. Ce nouveau mode de travail, ou de télétravail, est le fruit de la digitalisation. Devant un attrait pour le travail potentiellement à distance, les espaces de travail doivent donc se digitaliser. Le temps de connexion de chaque individu à un écran est éloquent. 5,6 heures c’est le temps moyen que les cadres français passent à consulter leur messagerie en ligne. Le digital, c’est bien quand ça marche. Mais, quand ça ne marche pas, l’usager connaît un stress important. C’est notamment le cas en salle de réunion, où le principal motif de stress serait justement les problèmes techniques (87%), comme par exemple les problèmes de connexion. Le temps moyen perdu à cause de problèmes de connexion sur une année par les employés aurait d’ailleurs été évalué à 2 jours complets. Alors, si la digitalisation du travail peut avoir bien des effets néfastes sur l’attention, les liens sociaux et la déconnexion, il faut néanmoins assurer une bonne réception du réseau pour éviter les bouffées de stress !

5. Un lieu de travail adapté aux personnes et aux activités

Nos espaces de travail doivent s’adapter à chacune de nos personnalités. Selon l’étude « Are Extroverts Happier Than Introverts ? », 50 à 74 % de la population est extravertie, contre 16 à 50 % de personnes introverties. Mais bien souvent, les introvertis sont oubliés des espaces de travail conçus pour les réunions, les discussions à la cafétéria, l’open space. Selon Susan Cain dans son ouvrage Quiet revolution, nous vivons dans une société qui valorise les extravertis et dévalorisent les introvertis. Or, les introvertis sont souvent très créatifs et productifs ! L’espace de travail doit donc prévoir des coin calmes, des bureaux plus isolés, des bulles de créativité. C’est ce que déclare Pascale Richert de chez Herman Miller : « les espaces déclenchent des réactions différentes selon la personnalité on a donc besoin d’une diversité d’espaces. Une métaphore aide à comprendre cela : avec la corbeille de fruits, on n’offre pas un fruit, on offre le choix ». L’étude invite à repenser nos espaces selon la méthode de l’Activity Based Working (ABW), qui divise l’espace de travail par activité. Elle consiste à dessiner des espaces sur mesure. Les collaborateurs n’ont plus de poste de travail fixe, mais passent d’un espace à un autre en fonction de ce qu’ils ont à faire.

6. Un cadre de travail ouvert sur son environnement  

Le lieu de travail se conçoit de plus en plus comme un espace d’ouverture. Ouverture d’abord sur le quartier, le local. Ainsi, dans l’espace Jonquière à Paris d’un Be-Coworking, des cartes de réductions pré-négociées avec les commerçants du quartier sont proposées aux travailleurs. Ouverture de l’entreprise aux passants pour des ateliers thématiques, instauration d’une journée famille ouverte aux proches des collaborateurs, création d’un café associatif ouvert sur l’extérieur… tout est possible pour créer du lien et ancrer l’entreprise dans son environnement. A la Bananeraie, le siège social de Michel et Augustin, les clients-fans sont invités à venir visiter les bureaux et goûter les produits gratuitement. Mais, pour La Fabrique Spinoza, « l’ouverture sur le monde n’est complète que si elle l’est aussi sur la planète ». Au travail aussi, on peut cultiver les éco-gestes. C’est ce qu’a imaginé l’entreprise Twelve avec son initiative « Pomme d’Happy ». Les collaborateurs se voient offrir une corbeille de fruits s’ils relèvent une série de défis ludiques tournés vers l’alimentation et la planète tels que : supprimer des mails de sa boîte de réception, manger végétarien, recycler ses déchets… Ces préoccupations environnementales sont à la fois utiles en termes d’impact sur la planète mais aussi en termes d’image de marque !

7. Un espace de travail au pouvoir partagé

Geert Hofstede, ingénieur et psychologue, a élaboré la notion de la distance hiérarchique : elle représente la mesure du degré d’inégalité de pouvoir entre la personne qui détient un pouvoir hiérarchique et celle qui lui est soumise. Une organisation pyramidale accordera ainsi une forte importance aux symboles de statut (bureaux, téléphones, voitures de fonction, apparence vestimentaire) … Or, dans les organisations au niveau de conscience le plus élevé, on observe une disparition des signes statutaires. Les espaces sont chaleureux, décorés par les collaborateurs et ouverts aux enfants, aux animaux et à la nature. La Fabrique prend ainsi l’exemple des expérimentations lancées dans des centres de distribution de La Poste, où les machines à café ont été supprimées. « Ces transformations ont été catastrophiques », note l’étude, « si elles ont permis de gagner de l’espace et de diminuer les “temps improductifs”, la satisfaction au travail et le partage d’information s’en sont trouvés gravement affectés ». Il faudrait donc cultiver les espaces chaleureux et conviviaux. Commencez par la cafétéria, BRÂAM vous aidera !

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